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Au Nom de La Mémoire

Ouvrages et informations de l'association "Au nom de la mémoire", créée en 1990 par Samia MESSAOUDI (journaliste, éditrice aux éditions Syros), Mehdi LALLAOUI (réalisateur, scénariste, écrivain) et Benjamin STORA (historien).Outre des projets de livres, ils produisent des films, expositions, débats, émissions radiophoniques sur l'antiracisme, l'égalité des droits, l'immigration en France et les événements qui lui sont liés.L'association Au Nom de la Mémoire travaille autour de trois thèmes : les mémoires ouvrières (dont celles de l'immigration), les mémoires urbaines, et la mémoire coloniale. L'équipe d'Au Nom de la Mémoire, spécialisée sur ces questions, anime régulièrement des rencontres-débats autour des activités et publications de l'association.L'éducation à l'histoire contemporaine de notre pays est pour Au Nom de la Mémoire l'un des moyens de contribuer à construire la citoyenneté et de se battre contre les discriminations. Aussi, parallèlement à son travail éditorial, l'association collecte des documents et témoignages pour les mettre à disposition des enseignants, des universitaires et des étudiants.

Extrait du rapport de 1985 de Charles-Robert AGERON

Aujourd’hui (1985), le nombre des Maghrébins vivant en France égale celui des Européens

installés au Maghreb à la fin de la période coloniale. Cette ruse de l’histoire excite Charles-Robert Ageron à dénoncer quelques mythes tenaces. Non, il n’y eut calcul ni du patronat ni des pouvoirs publics dans l’appel à la main-d’œuvre d’Afrique du Nord, jusqu’en 1959. 

L’immigration maghrébine en France

Non, le sous-développement, le sous-emploi et la surpopulation du Maghreb n’ont pas été les seuls mobiles qui poussaient ses pauvres à franchir la Méditerranée. Dans l’imaginaire de l’émigrant, en revanche, gagner « le paradis des hommes » fut un beau moyen d’émancipation.

Tout a changé, il est vrai, dans les années 1950, quand l’émigration devint familiale et permanente. Mais, on le verra en conclusion, ce survol historique est une dénonciation de bout en bout de quelques inconséquences qui traînent dans le débat actuel...

L’immigration maghrébine fut naguère en France l’affaire de quelques journalistes et de quelques spécialistes : elle est devenue un des problèmes majeurs de la société française. C’est un véritable challenge au sens de Toynbee, « un défi de civilisation », que lancent aux dirigeants politiques et économiques de notre pays la présence massive et l’enracinement progressif de la plus importante communauté étrangère que la France ait jamais connue.

Avec près de 1 300 000 Maghrébins recensés à la fin de 1979, la colonie nord-africaine, compte tenu des immigrants clandestins et de son fort accroissement démographique interne, s’achemine, en 1985, vers le chiffre de 1 500 000. (...)

 

Ageron Charles-Robert. L’immigration maghrébine en France [Un survol historique]. In : Vingtième Siècle, revue d’histoire, n°7, juillet-septembre 1985. Étrangers, immigres, français, sous la direction de Louis Bodin . pp. 59-70.

Rapport présenté au colloque organisé par l’Association pour l’avancement des études islamiques, « L’Islam en Europe dans l’époque moderne », Paris, 30 septembre - 1er octobre 1983.

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